![]() |
Peu d’expositions ont posé la question de l’oblique, et pourtant avec la thématique originale de L’Oblique, un regard sur la géométrie, on découvre qu’il s’agit d’une préoccupation constante de la part des artistes, qui a connu bien des développements. |
En Histoire de l’Art, la tentation de l’oblique est une constante. Une fois réglée les problèmes spatiaux de l’horizontalité et de la verticalité, l’artiste tente d’élargir le cadre et d’investir de nouveaux champs visuels. On pourrait éclairer toute la problématique de la conquête de la perspective à l’époque renaissante par cette tentation-là, et mieux encore le bouleversement esthétique que provoque le baroque, avec la multiplication des obliques dans la composition, dont certaines se croisent, pour marquer des effets d’instantanéité. À l’époque contemporaine, on supposait que la préoccupation des artistes pouvait se situer ailleurs, mais grâce à l’exposition des Musées de Montbéliard, on découvre des problématiques voisines. En effet, à la suite des grandes tentatives géométriques du début du XXe siècle, bon nombre d’artistes mènent aussi bien en peinture qu’en sculpture une réflexion sur l’espace à partir de lignes obliques. Grâce à la collaboration de plusieurs partenaires, le Museum für Konkrete Kunst d’Ingolstadt, la Fondation Ritter à Waldenbuch, le Musée Würth d’Erstein, le Musée des Beaux Arts de Cambrai et l’atelier Fanal de Bâle, ont été réunies des œuvres de François Morellet, Vera Molnár, Gottfried Honegger, Geneviève Claisse, entre autres artistes qui explorent, parfois exclusivement, les possibilités plastiques qu’offre l’oblique. Ils révèlent que cette quête de l’oblique est intellectuellement une façon d’appréhender le monde, subtile et nourrie, qui rajoute de l’intuition à des approches qui ne seraient que mathématiques. « L’oblique exprime la vie, le dynamisme, l’espace de création, de hasard, c’est l’imprévisible », nous explique Bernard Fauchille, Directeur des Musées de Montbéliard. Elle constitue un point de passage entre deux lignes, la verticale et l’horizontale, « qui ont une sémantique très connotée métaphysique », elle renforce paradoxalement autant qu’elle la conteste notre vision des choses et crée le mouvement. Grâce aux effets que produit l’oblique, « on perçoit la vie sous ses multiples formes. »
Par Emmanuel Abela
L’Oblique, un regard sur la géométrie, exposition jusqu’au 2 novembre au Musée des Châteaux des ducs de Wurtemberg et au Musée d’Art et d’Histoire Hôtel Beurnier-Rossel
03 81 99 22 61 – www.montbeliard.com

Albert Rubens, Composition B XY P 37, 2001
Coll. Musées de Montbéliard © Jacques Monnin
Par Emmanuel Abela
L’Oblique, un regard sur la géométrie, exposition jusqu’au 2 novembre au Musée des Châteaux des ducs de Wurtemberg et au Musée d’Art et d’Histoire Hôtel Beurnier-Rossel
03 81 99 22 61 – www.montbeliard.com

Albert Rubens, Composition B XY P 37, 2001
Coll. Musées de Montbéliard © Jacques Monnin
Articles les plus récents :
- 30/11/2009 - CEAAC, la preuve par l'image
Articles les plus anciens :
- 31/07/2009 - Fragments pour Alberto Giacometti
- 31/07/2009 - Dans l'Abîme du Temps, à Épinal
- 31/07/2009 - Christophe Meyer, une croix pour le Temple protestant de Mutzig
- 31/07/2009 - Cécile Babiole, sculpter le son
- 27/07/2009 - L'Union fait la forme au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles
ON AIR