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Le Musée des Beaux-Arts de Mulhouse offre un vaste aperçu du travail de Matthieu Husser, plasticien diplômé du Quai, Re[pro]duction des lieux. Rencontre avec un artiste qui investit l'espace urbain. |
Votre travail s’articule autour de diverses représentations de la ville…
C’est le point de départ pour un travail par rapport au temps et à la mémoire. Je pars toujours de photographies, de cartes ou de plans. Je pars toujours d’éléments réels, je n’interprète rien au niveau strictement formel. La maquette Rosenthaler Strasse (1998/2002) par exemple, reproduit une rue de Berlin. À Berlin, il y a beaucoup d’espaces vides, que je représente par un volume plein dans mes pièces. Rosenthaler Strasse, c’est un peu comme un mémorial : à Berlin tout changeait très vite pendant que j’y étais, j’avais vraiment besoin de matérialiser certains espaces, certains quartiers.
Vous exposez à Mulhouse des symboles en 3 dimensions, à l’origine des pictogrammes indiquant l’emplacement de monuments historiques sur les plans…
J’en ai douze pour le moment, mais c’est un travail qui va continuer. Il s’agit de la représentation de monuments historiques sur des plans de villes que j’ai visitées, symboles qui à la base signifient tous la même chose, mais le choix graphique varie. Par exemple à Montréal, où il n’y a pas de château, pour représenter quelque chose de « vieux », ils utilisent le symbole du château. Au Luxembourg, il y a tellement de châteaux et de monuments, qu’ils mettent un astérisque, parce qu’il y en a trop. Au Vietnam, ce sera l’étoile communiste à chaque fois.
Quelle est la scénographie que vous avez mise en place pour votre exposition à Mulhouse ?
Je cherchais comment faire un mémorial à Mulhouse, comment je pourrais représenter le Musée des Beaux-Arts. Donc j’ai pris un plan de ville tout à fait banal, où le chiffre deux figurait l’emplacement du Musée des Beaux-Arts, et je l’ai superposé au plan de cadastre à la bonne échelle, et faisant cela, on se rend compte que le chiffre deux qui représente le musée est en décalage par rapport à l’emplacement réel du bâtiment. En partant de ce constat, j’ai réparti dans les salles des plaques de polystyrène noires qui matérialisent le chiffre et les endroits dans le musée par lesquels il passe.
Pensez-vous travailler un jour sur d’autres espaces que l’espace urbain ?
Je n’ai pas l’impression de choisir l’espace urbain. C’est vraiment plutôt un évènement qui me mène à mes travaux, des expériences qui vont m’amener à un projet.
Propos recueillis par Tatjana Marwinski / Interview publiée dans Novo #1
Re[pro]duction des lieux
Jusqu’au 17 mai au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse
03 89 33 78 11
www.musees-mulhouse.fr
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